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mardi, 31 mars 2015

La fête des Rameaux, début de la Semaine Sainte

carême, rameaux, semaine Sainte, FSSPX
Bulletin paroissial, Centre Saint-Joseph, Avril 2014
Abbé Pierre Roy, fsspx
Des jours bénis
 
La Semaine Sainte chaque année nous apporte son cortège
de bénédictions. Il semble que toute l’attention de l’Église est
concentrée sur ces jours bénis entre tous, et la piété de celui qui
s’applique à suivre les offices qui lui sont proposés ne peut s’en
trouver qu’accrue et approfondie.
Le Dimanche des Rameaux nous conduit à Jérusalem. On y
voit le Sauveur monté sur une ânesse, acclamé par le peuple
comme le Roi des Juifs : « Les enfants des Hébreux, ayant en
main des rameaux d’olivier, s’exclamaient en disant : Hosanna,
Fils de David, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ».
Les fidèles processionnent avec les palmes bénies qu’ils glisse
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ront au bras des crucifix de leur maison en gage de protection.
La sainte procession arrive aux portes de l’Église. Un groupe
de chantre entonne le chant « Gloire, louange et honneur à
Vous, ô Christ-Roi, Rédempteur, à qui les enfants ont chanté
un pieux hosanna. Le Peuple hébreux avec des rameaux vint
au-devant de Vous. Nous voici à notre tour avec des prières,
des vœux et des hymnes. Vous avez aimé ses chants : que
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notre hommage aussi vous plaise. Tout amour vous réjouit,
Roi de bonté, Dieu de pardon. »
Le Jeudi-Saint présente une composition unique de joie et de
tristesse. L’institution du sacerdoce, le don extraordinaire de
l’Eucharistie embaument nos cœurs qui pressentent déjà dans
la liturgie de l’Église, par le dépouillement des autels, la douleur
extrême de la Passion qui vient. L’évêque, au cours de la messe
chrismale, confectionne les Huiles Saintes qui, toute l’année
durant, feront descendre la grâce du Tout-Puissant sur les fronts
des catéchumènes et des nouveaux baptisés, ainsi que sur les
membres endoloris des mourants. Huile qui consacrera égale
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ment les mains des jeunes prêtres, leur donnant le pouvoir de
consacrer le pain et le vin en mémoire de Jésus, la tête des nou
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veaux évêques, leur conférant le pouvoir de régir l’Église de Dieu
en vue du salut éternel de nos âmes par une consécration de leur
être tout entier.
Le Vendredi-Saint, l’Église revêt ses vêtements de douleurs. La
cérémonie commence par une prostration du prêtre au pied de
l’immense majesté de Dieu, semblant un aveu de sa petitesse
devant l’abîme d’amour manifesté par le Christ dans sa Passion
endurée pour réparer nos péchés. Le récit de la mort de Jésus est
marqué d’une solennelle gravité. « Crucifie-le! Crucifie-le! » crient
nos fautes volontairement commises et pleinement assumées.
L’Église arrive au terme de son grand carême. Elle sent le besoin
d’adresser encore ses supplications à Dieu pour la Sainte Église
de Dieu et pour notre Saint Père le Pape. Elle prie aussi pour
tous les évêques, prêtres, diacres, sous-diacres, acolytes, exor
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cistes, lecteurs, portiers, confesseurs, vierges, veuves et pour
tout le saint peuple de Dieu. Pour tous les chefs d’État et pour
tous ceux qui partagent leur pouvoir et leurs responsabilités, elle
élève ses mains. Pour les catéchumènes elle pousse des gémis
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sements. Elle demande à Dieu qu’il veuille bien purger le monde
de toute erreur, dissiper les maladies, chasser la famine, ouvrir
les prisons, rompre les liens des captifs, accorder aux voyageurs
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Bulletin paroissial, Centre Saint-Joseph, Avril 2014
un heureux retour, rendre la santé aux malades et accorder aux
navigateurs un port salutaire. Même les hérétiques et les schis
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matiques, ainsi que les Juifs perfides et les païens, trois groupes
de personnes qui ont été pour l’Église sainte l’objet de tant de
souffrances, ne sont pas exclus de ses supplications.
Le Samedi-Saint, les membres de l’Église militante se ras
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semblent autour du feu nouveau. Quelle émotion s’empare alors
de nos cœurs devant les attributs du Christ énumérés dans le
silence de la nuit, sans chant d’aucune sorte, comme toujours
quand l’Église prononce les mots les plus solennels de sa litur
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gie. « Le Christ hier et aujourd’hui... Principe et fin... Alpha et
Omega... C'est à lui qu'appartiennent le temps et les siècles... À
lui gloire et puissance pour les siècles des siècles..." La colonne
de cire, image du Christ, pénètre dans l’obscurité de l’église,
chassant les ténèbres et l’angoisse qui la remplissent toujours
depuis les récits du Vendredi-Saint. Les origines de l’humanité
sont racontées dans les leçons et les répons. Il y est dit combien
l’humanité pécheresse avait besoin de cette nuit très sainte, avec
combien d’espérance elle l’a attendue, et combien son espérance
n’a pas été déçue. Mais devant la beauté du mystère qui se dé
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roule, l’Église laisse éclater sa joie : « Que désormais la multitude
des anges du ciel exulte! » Le prêtre bénit l’eau nouvelle qui cou
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lera pour la rédemption des hommes. Il ne peut s’empêcher de
demander à Dieu une abondante moisson de nouveaux disciples
pour le Christ.
Enfin vient la minuit. Les cloches et les orgues, silencieux depuis
le soir du Jeudi-Saint, laissent éclater toute la joie qu’ils ont
conservée pour cette nuit unique. La Rédemption des hommes
est accomplie, le soleil se lève : rien ne pourra ternir l’œuvre
accomplie par le Christ Sauveur.

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