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jeudi, 15 mai 2014

Journée de la jupe à Nantes : quand l'égalitarisme conduit à l'indifférenciation

ce-que-souleve-la-jupe-230675_w501.jpgL'initiative lycéenne qui a crée la polémique est certes isolée, mais elle revèle un projet de société, celui de l'idéologie du genre qui prône l'indifférenciation au nom de la lutte contre les inégalités.

La théorie-du-genre-qui-n'existe-pas a encore frappé. L'Académie de Nantes, relayant une «initiative lycéenne», intitulée «Ce que soulève la jupe: femmes, hommes portons l'égalité» invite les garçons à se mettre en jupe vendredi 16 mai pour «lutter contre le sexisme».

Une initiative certes isolée et largement critiquée, mais qui rejoint un combat plus large. De la «lutte contre les stéréotypes de genre» à l'école à la célébration de la victoire du travesti Conchita Wurst à l'Eurovision comme un triomphe de la tolérance, c'est la même philosophie qui est à l'œuvre: la lutte contre les inégalités hommes-femmes (ou plutôt femmes-hommes, selon la terminologie officielle), par l'indifférenciation. Car c'est bien là le cœur de cette «idéologie du genre» (appelons la ainsi pour satisfaire ceux qui nient l'existence d'une «théorie»): la promotion délibérée de l'indifférenciation sexuelle, au motif que la différence sexuelle ne serait qu'une discrimination socialement organisée. L'activisme queer a désormais remplacé le féminisme de maman, qui se battait simplement pour que les femmes aient les mêmes droits que les hommes. Désormais, il faut déconstruire l' «hétéropatriarcat», détruire les «dominations symboliques», abolir toute référence à une norme qui viendrait opprimer l'individu. Dans un monde plus juste, les femmes ont des barbes et les hommes portent des jupes.

L'activisme queer a désormais remplacé le féminisme de maman, qui se battait simplement pour que les femmes aient les mêmes droits que les hommes.

De la journée de la jupe à la journée de la jupe: féminisme de maman et néoféminisme LGBT

A cet égard le choix de l'organisation d'une «journée de la jupe» est tout à fait révélateur de cette dérive du féminisme en féminisme post-beauvoirien made in USA, si justement dénoncé par Elisabeth Badinter dans Fausse Route.

Rappelons en effet que la journée de la jupe était à l'origine une initiative féministe qui visait justement à rétablir un droit à la féminité dans les «quartiers sensibles» où porter une jupe devenait un acte militant, pour des jeunes filles que les jeunes hommes des cités sont prompts à qualifier d' «allumeuses». Le film du même nom avec Isabelle Adjani avait été qualifié par Alain Finkielkraut lui-même d' «évènement historique». Le philosophe y voyait l'illustration d'un «féminisme à la française» défendu notamment par Mona Ouzouf reposant sur l'altérité et la complémentarité des sexes, doublement menacé par le communautarisme musulman et l'indifférenciation libertaire.

Aujourd'hui, ce ne sont plus les filles des banlieues françaises qui sont appelées à oser la jupe dans un univers machiste qui réprime la féminité au nom d'une certaine vision de l'islam, mais les garçons qui sont invités à se défaire de leur identité pour aider à la déconstruction des stéréotypes.

Hier mise en avant de la différence sexuelle, aujourd'hui annihilation de l'altérité sexuelle. Hier féminisme différentialiste, aujourd'hui néoféminisme déconstructiviste. Hier lutte pour la liberté, aujourd'hui combat pour l'égalitarisme.

Initiative isolée?

On a coutume d'accuser de paranoïa ceux qui dénoncent ces initiatives «isolées». On condamne «l'ignorance et l'anti-intellectualisme qui dénoncent la science au nom du bon sens» (Le Monde du 06 février, au sujet de la polémique lancée par Farida Belghoul). On nous explique, doctement, qu'il existe une différence entre les «gender studies», études prétendument objectives de la construction sociale de l'altérité sexuelle, et une «théorie du genre» fantasmée par les réseaux cathos. Comme si il n'existait pas une dimension normative derrière ces «études», un passage du dévoilement de la construction, à l'impératif de la déconstruction.

Certes cette initiative est isolée et, en soi, dérisoire. Mais elle est à rapprocher d'autres. Il faut se rappeler de la lettre de Vincent Peillon aux recteurs d'Académie en janvier 2013 où il invitait ceux-ci à «s'appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités». Car des ABCD de l'égalité à la «journée de la jupe», en passant par la «Queer week» de Sciences-po, ces offensives ont toujours un même cœur de cible: les jeunes, chevaux de Troie de l'idéologie du genre, dans les familles, et dans la société.

La planification d'Etat de l'endoctrinement voulue par les ABCD de l'égalité ayant échoué face à la contestation populaire, les pions sont avancés plus prudemment. Les associations LGBT, relayés par les syndicats enseignants (notamment le syndicat majoritaire SNUIPP- FSU, auteur de rapports ultra-militants qui ont inspiré le sommet de l'Etat), continuent en sous-main de vouloir rééduquer la jeunesse.

Laurence Rossignol, lors du débat sur la loi «égalité hommes-femmes» au Sénat, le 16 septembre 2013 a elle-même expliqué la manoeuvre: «Le backslash, comme l'ont identifié les Américaines, c'est-à-dire la revanche, repose sur une stratégie: celle de la guérilla mobile, se déplaçant là où on constate une faille législative, sociologique, culturelle. C'est notre vigilance et notre réactivité qui nous prémunissent. Le présent projet de loi nous protège, comme le feront les suivants, car il y en aura d'autres!».

Une initiative isolée donc. Mais qui trahit un projet de société.

 

source : le figaro.fr

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