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mercredi, 04 septembre 2013

Les emplois d'avenir à la peine dans le Val d'Oise

 La mesure-phare du gouvernement pour lutter contre le chômage des jeunes les moins qualifiés peine à séduire les employeurs.

 

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Six mois après leur lancement, les emplois d'avenir peinent à décoller (20 000 environ fin avril), notamment parce que le gouvernement maintient "la qualité" et le profil des bénéficiaires comme priorités. Pourtant, face à des employeurs "frileux", certains redoutent une "dénaturation" du dispositif destiné aux jeunes peu qualifiés. "On devrait être autour de 20 500 fin avril" - dont 3 500 emplois d'avenir professeur -, "on n'est pas encore au rythme qu'il faut pour atteindre les 100 000" fin 2013, concède-t-on au ministère du Travail. 

"On est dans le dévoiement complet"

Début avril, Michel Sapin a d'ailleurs prévenu ses services qu'il "attendait de voir le rythme s'accélérer", "sans renoncer à l'ambition qualitative" : l'accès à un emploi et une formation pour les jeunes pas ou peu diplômés, évalués à plus de 500 000. Problème : il n'est "pas simple d'arriver à trouver des employeurs" pour ce public, cible du dispositif inscrit dans l'une des premières grandes lois du quinquennat, expliquait début mars Michel Sapin. Destinés en priorité aux associations et aux collectivités territoriales, ces contrats en CDD ou CDI sont subventionnés par l'État pour trois ans maximum -75 % du smic dans le secteur non marchand. Au lendemain de leur coup d'envoi, le 2 novembre, le ministère enjoignait dans une circulaire aux préfets de "privilégier" les CDI. "Une durée inférieure à trois ans est possible (...) lorsque la situation du jeune ou son projet (le) rend préférable", précisait-il.

Mais fin mars, seuls 5 % des contrats signés étaient des CDI. Plus de la moitié (55 %) des CDD de trois ans, et un sur quatre (26 %) des contrats de 1 à 2 ans. Dans les missions locales, chargées de la mise en oeuvre du dispositif au côté de Pôle emploi, des syndicats s'inquiètent d'offres d'emploi de plus en plus courtes. "On n'a plus que du CDD de 18 mois ou un an renouvelable. L'État essaie de préserver l'accès aux jeunes les moins diplômés, mais compense avec la précarité des contrats, on est dans le dévoiement complet", s'alarme Jean-Philippe Revel (CGT).

Des consignes pour "plus de CDD d'un an et de temps partiel"

Son collègue Serge Papp (CFDT) dénonce "une pression monstrueuse" du chiffre et affirme lui aussi que "pour faire du résultat, on préfère dénaturer la mesure et ses avantages : la durée, plus longue que celle des contrats aidés classiques, et les dispositifs de formation".

Le syndicaliste évoque des consignes données par les préfets "afin d'accepter plus de CDD d'un an et de temps partiel" (seulement 5,5 % des emplois signés à la fin mars). Au ministère, on répond agir avec pragmatisme face aux "barrières psychologiques" des employeurs, "sans déraper" de l'objectif. Il "vaut mieux (...) un emploi d'avenir sur un an renouvelable qu'un employeur qui renonce à embaucher, car il ne veut pas s'engager sur trois ans", affirme-t-on, en admettant que cette proportion de CDD plus courts "devrait encore augmenter un peu".

"Légitimes interrogations" (Associations des maires de France)

Le député socialiste Jean-Patrick Gille, président de l'Union nationale des missions locales, "sent bien une frilosité à embaucher pour trois ans". Et raconte avoir "secoué" les maires des grandes villes, leur reprochant d'être devenus "des employeurs plus difficiles que dans le privé". "Beaucoup attendent des assouplissements, et ça, ce n'est pas bon", dit-il. Bernard Charles, chargé du dossier pour l'Association des maires de France (AMF), estime qu'"il faut convaincre les collectivités locales qui se posent de légitimes interrogations" face au profil des jeunes, dans "un contexte financier difficile".

"Un dispositif formidable, comme on n'en a pas vu depuis longtemps"

Les associations (43 % des contrats signés, suivies des collectivités locales avec 36 %) ne sont "pas défavorables à faire de la solidarité", selon Sébastien Darrigrand, délégué général de l'Usgeres, qui regroupe des employeurs de l'économie sociale et solidaire. "Mais l'enjeu est d'abord de maintenir l'emploi dans un contexte restreint du point de vue des finances publiques", estime-t-il, tout en prédisant "des demandes importantes au second semestre". 

Pour Annie Jeanne, présidente de l'Association des directeurs de missions locales, qui salue "un dispositif formidable, comme on n'en a pas vu depuis longtemps", "les employeurs ne sont pas habitués à cette lecture qui consiste d'abord à identifier les compétences des jeunes, quand, en France, on préfère recruter par le diplôme".

source : lepoint.fr

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