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lundi, 07 janvier 2013

L'ancien numéro deux des RG du Val d'Oise voyageait aux frais de l'abattoir halal

2460573_fnaizot-2714616923781532386-new_640x280.jpgL’ancien numéro deux des renseignements généraux du département aurait bénéficié de billets d’avion payés par l’abattoir d’Ableiges, qui a été fermé en mai.

L’abattoir d’Ableiges enterrait en douce ses carcasses et soignait ses relations. Le parquet de Pontoise a confié une  en préliminaire à la police des polices, l’IGPN, à l’encontre d’un policier du Val-d’Oise. Ce commandant de police, à l’époque numéro deux du Sdig, le service départemental de l’information générale (ex-RG), est suspecté d’avoir bénéficié des largesses de l’ancien patron de l’abattoir d’Ableiges, Mohammed Hammouti. 


L’affaire remonte au 24 mai, quand les services vétérinaires du Val-d’Oise et la gendarmerie opèrent une descente dans l’abattoir et décident de le fermer. Ils y découvrent notamment 25 t de carcasses d’ovins enterrées en toute illégalité derrière le bâtiment et dissimulées sous une dalle en béton fraîchement coulée. En tout, 22 infractions ont été relevées. Cela va de vastes problèmes d’hygiène dans les bâtiments consacrés à l’abattage ou dans les boucheries à de fausses factures. Mohammed Hammouti devra en répondre le 23 janvier devant le tribunal correctionnel.

Il a aussitôt quitté son poste

Dans cette procédure figurent aussi des billets d’avion payés par les sociétés d’Hammouti pour un de 8152 €. Parmi les bénéficiaires, le commandant de police du Val-d’Oise, un fonctionnaire par ailleurs déjà condamné dans le cadre de ses fonctions, qui a été entendu par la police des polices.

L’enquête n’établit pas quels actes il aurait effectué — ou se serait abstenu d’effectuer — pour éventuellement couvrir l’activité illégale de l’abattoir en échange de ces avantages. D’où la qualification actuelle limitée au « recel d’abus de biens sociaux » et non étendue au délit de « corruption ». Le fonctionnaire a quitté aussitôt son poste d’adjoint au Sdig pour rejoindre un placard à la direction départementale. En interne, on souligne qu’il est hors de question de couvrir ses agissements. La procédure est aujourd’hui entre les mains du parquet.

Le policier est à ce jour la seule personne visée par une enquête judiciaire, même si un autre bénéficiaire des billets d’avion a pu être identifié : un vétérinaire de la DDPP (la direction départementale de la protection des populations, qui regroupe les anciens services vétérinaires et les fraudes). Depuis quelques mois à la retraite, il a utilisé un billet pour la Pologne payé par l’abattoir. Le parquet n’a toutefois pas donné suite, estimant qu’il pouvait s’agir d’un professionnel.

Depuis les faits, l’adjoint au directeur de la DDPP, qui entretenait des liens de proximité avec Hammouti, a été muté très rapidement en novembre, et promu dans le Val-de-Marne. Il y a eu une démission au sein du service, des changements d’affectation…

Depuis 2009, les riverains avaient alerté les autorités sur les pratiques douteuses de l’abattoir. Un voisin avait découvert son champ couvert de sang à la suite de rejets, quand ce n’était pas une invasion de mouches et d’odeurs. Une vidéo a été transmise en 2009, l’année de la création de l’abattoir. Elle montre des employés, visiblement dérangés par la caméra, manipuler des peaux et des déchets animaux qui semblent alors enterrés sous un hangar. Une autre séquence montre un conteneur à bout de souffle rempli de déchets entassés dans des conditions suspectes.

Plusieurs procédures ont ainsi été lancées par la DDPP depuis cette date, mais aucune n’a abouti jusqu’à la descente aux résultats éloquents de mai 2012. Ce que déplore le Collectif citoyen d’Ableiges (CCA), qui a alerté le préfet dans un courrier. Ce dernier dénonce notamment l’absence de réaction des autorités au fil des ans malgré les alertes, et l’aveuglement de certains. Mohammed Hammouti était hier toujours injoignable.

source : le Parisien

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