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jeudi, 13 septembre 2012

Extrême droite : La chasse aux activistes

 6a00e54eeea0078834016767cb5326970b-450wi.jpgC'était au fond, la plus belle façon de commémorer le bicentenaire de la Révolution française. Lorsqu'on est notoirement incapable de gérer les affaires de la France, pourquoi, tout simplement, ne pas tenter de ressusciter la guerre civile entre les Français ? 

Certes, la méthode n'a rencontré jusqu'ici qu'un succès très mitigé, mais elle existe, elle est en place et elle se prolonge au point d'empoisonner l'existence d'honnêtes citoyens, de les faire mettre au ban de la société, de les faire, si possible, chasser de leurs emplois, de les transformer ainsi en "nouveaux pauvres", comme l'on dit maintenant, en d'autres termes en "marginaux", devenant des cibles plus faciles pour une presse généralement complice.

Cette méthode est, hélas, vieille comme le monde. Elle s'appelle tout simplement la provocation. Son mécanisme est très simple : il consiste à heurter systèmatiquement les sentiments d'une partie de la communauté nationale afin que certains membres de celle-ci se livrent à des actes de rébellion, qui seront alors sanctionnés en grande pompe, et avec tout le fracas "médiatique" qui s'impose en pareil cas. 

Ici se pose d'ailleurs le problème de ce qu'on pourrait appeler le choix de l'information. Si trois Maghrébins assaillent une femme seule dan un train et qu'on honnête citoyen français se fait blesser en tentant de secourir la femme, il n'aura droit qu'à un entrefilet de trois lignes dans ce qu'on appelle encore les "grands" quotidiens. En revanche, les mêmes journaux n'hésiteront pas à consacrer des colonnes entières et indignés à une vingtaine de jeunes gens de sentiment royaliste venus chahuter, aux Bouffes du Nord - avec des boules puantes et non des rasoirs - un pseudo spectacle commémorant la Terreur. Ce n'était pas certes la première fois, depuis la première d'"Hernani", qu'on voyait de l'agitation dans une salle de théatre, et ce n'est pas à ceux qui ont tenté d'empêcher par des manifestations répétées et violents la représentation de "La reine de Césarée" de Robert Brasillach au simple vu du nom de l'auteur de venir donner des leçons à cet égard. 

Bien évidement, les jeunes gens un peu agités qui se sont livrés à cette manifestation ne pouvaient savoir que M. Jean-Noêl Jeanneney, responsable et manitou des cérémonies du Bicentenaire - qui eut d'ailleurs le grand courage de ne pas se faire connaître - se trouvait dans la salle et que la jeune dame en rouge qui officiait sur la scène était une amie personelle de la famille Mitterand. 

L'important est qu'on vit ensuite entrer en action ce qu'on pourrait appeler la "loi des suspects".

Une véritable opération de persécution policière fut alors déclenchée contre des gens pouvant être, le plus vaguement du monde, soupçonnés d'avoir prêté main forte à la manifestation. Ce qui, comme les fiches policières sont rarement à jour, a donné lieu à des résulats où le ridicule le disputait à l'odieux en un combat incertain.

C'est ainsi, par exemple, qu'un honnête père de famille vit débarqué chez lui, à six heures du matin, cinq policiers péremptoires qui venaient chercher son fils. Celui-ci était majeur, n'habitait plus là depuis un an et avait cessé de militer chez les royalistes depuis plus longtemps encore. Cela n'empêcha pas une perquisition en règle, avec interrogatoire à la clé. (...)

À une époque où les agressions se multiplient, où le trafic de drogue bat son plein, où le grand baditisme est au meilleur de sa forme, (...) on trouve moyen de mobiliser cinq policiers pour aller persécuter un homme dont le fils pourrait être très éventuellement soupçonné d'avoir participé à une bagarre dans un théatre.

Ridicule ? Bien sûr. Mais surtout révélateur ; une partie de la population a été placée sous surveillance, et l'on fera tout pour l'empêcher de s'exprimer, pour la diffamer et pour, socialement, la détruire. 

Pour arriver à cette fin, le moyen est simple : la provocation élevée à la hauteur d'une institution. Et accompagnée, bien sûr, de la délation, de préference par voie de presse.

Nous ne sommes pas, ici, et nous pensons l'avoir prouvé, de chauds partisans de la censure. Il n'empêche que le film " La dernière tentation du Christ" aurait dû, très logiquement, être interdit. Dans la simple mesure où il heurte les sentiments religieux de la majorité du pays. Cela aurait évité certains incidents regrettables. Mais n'étaient-ce pas, précisément, ces incidents-là qu'on cherchait ? Ne serait-ce que pour mettre à l'index commodément une catégorie de Français un peu trop français pour la France socialiste de M. Mitterand ?

(...) Nous n'avons parlé jusqu'ici que de ce qu'on pourrait appeler la "provocation publique". Il ne faut pas pour autant, laissé de côté la "provocation privée", au coup par coup, qu'excellent à pratiquer quelques hommes politiques et un certain nombre de policiers. 

(...) Ce n'est plus un homme ou un petit groupe qu'il s'agit de "faire tomber", comme disent ces messieurs, c'est toute une catégorie de Français. Tous ceux qui, précisément, persistent, contre vents et marées, à considérer la France comme leur pays.

Cet article provient du N°15 de la publication "Le choc du mois" de 1989. 23 ans après, rien n'a changé...

 

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