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vendredi, 09 décembre 2011

La christophobie, c'est la haine de soi, pas seulement du Christ

titre_croisade.jpg"Il est assez plaisant de prétendre, au nom de la liberté d'expression, interdire aux chrétiens de manifester leur désapprobation de pièces qu'ils estiment sacrilèges, et de leur intimer de se contenter de tendre l'autre joue : comme si, dans cette terre où la liberté de penser a prospéré sur le terreau du christianisme, il était permis à tous sauf aux chrétiens d'en user.


 

 On voit bien ici que les idolâtres de la Culture, après avoir poliment écouté Benoît XVI leur rappeler aux Bernardins que la culture était née des monastères, estiment que les chrétiens n'ont plus qu'un seul droit, celui de se taire.

Pour autant, il n'est pas interdit à ceux-ci de réfléchir à l'efficacité des moyens d'expression de leur indignation, sous peine de sombrer dans l'idolâtrie de l'action. Ainsi du concept de christianophobie, alpha et oméga de leurs protestations : forgé en écho à la notion floue d'"homophobie", il s'est imposé au détriment de "christophobie" qui eût été préférable car en pointant l'insulte faite aux chrétiens plutôt qu'au Christ, il les enferme dans une logique victimaire, communautariste. Ce n'est pas tant le Christ qu'on défend que la sensibilité d'une certaine communauté de Français, forcément minoritaires.

Au passage, on oublie que l'insulte faite au Christ et à ce qu'il incarne n'est pas seulement une insulte faite aux chrétiens, minoritaires ou non, mais à tous les Français qui, volens nolens, sont issus de cette « culture majoritaire » qu'est pour la France le christianisme, comme l'affirmait il y a peu Laurent Wauquiez à Valeurs actuelles. Dans le langage courant, le terme de "phobie" évoque la peur d'une chose extérieure à soi. Or, en Occident du moins, la christophobie n'est qu'une autophobie, une haine de soi, de ses propres racines, de l'identité qui nous a tous constitués. Aucune protestation contre les dérisions antichrétiennes ne peut être utile si elle nous éloigne de l'idée quele christianisme n'est pas le trésor des seuls chrétiens, mais bien notre héritage commun."

De Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles 

De Jean-Noël Dumont dans Valeurs actuelles :

"Mais enfin pourquoi les chrétiens se verraient-ils privés du droit de combattre avec les moyens de la manifestation, de la protestation, du chahut, de la politique en somme ? Qui exige d'eux qu'ils se montrent dociles et polis ? En luttant dans la cité pour leur dignité, leurs droits et leurs intérêts, ils ne prétendent pas imposer leur foi. Ils en défendent seulement les moyens d'existence. Ils ne défendent pas la cause de Dieu, qui n'en a nul besoin, mais les images qui servent à leur culte.

Où est le blasphème ? Non dans l'image d'un Christ souillé mais dans la volonté de souiller son image. Le Christ du retable de Grünewald, écartelé sur un bois tordu, les doigts crispés et le corps convulsé, présente les symptômes de ce "mal des ardents" que l'on traitait dans l'hôpital où il était exposé. Les malades devant cette image comprenaient que le Sauveur porte leur souffrance. Qu'on ne nous dise pas que Grünewald perpétue ici la tradition du sacrilège ! Il ne se met pas du parti des bourreaux. Avec piété il montre le Sauveur épuisant la misère du monde. Si Rouault peint le Christ outragé, la trogne cabossée par une douleur bestiale, il met au pied de la Croix le peintre en prière.

Lorsque Jésus fut traîné au Golgotha, les disciples, manquant sans doute de culture, n'eurent pas le bon esprit d'applaudir. Ils eurent au moins le courage de se cacher. Au pied de la Croix restent Marie, la mère aux sept douleurs, Marie Madeleine, la prostituée, et "le disciple que Jésus aimait", dans lequel chaque fidèle devrait se reconnaître. Chaque chrétien, chaque homme, peut dire que son nom est Jean. Celui-ci n'avait pas payé sa place pour un spectacle aux audaces subventionnées. Quel frémissement dut le parcourir quand il entendit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font ! » "

Une grande manifestation organisée par Civitas partira dimanche 11 décembre à 14 h de la Place de l’Alma à Paris.

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