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lundi, 19 septembre 2011

Les femmes dans l'armée, oui cela pose un problème

femmes-militaires-2.jpgGabrielle Cluzel pointe la féminisation des Armées, sous l'angle de la médecine militaire :

"Il règne actuellement un malaise dans les rangs des médecins militaires. De tous les corps de l’Armée, celui des médecins a été le premier à se féminiser. Une féminisation assez facile, de par les qualités qu’exige la profession, une féminisation moins artificielle en tout cas que celle de certains autres corps d’officiers, dont on a dû tripatouiller les barèmes sportifs pour faire galamment rentrer ces dames. On a du reste assisté à l’éclosion de belles vocations médicales, – confer certains témoignages que l’on peut lire ici et là dans les revues spécialisées : « Je suis petite-fille de médecin militaire, fille de saint-cyrien, j’ai été profondément ému par la lecture de « J’étais médecin à Dien Bien Phu » par le médecin-commandant Grauwin, et ai ainsi trouvé ma voie »-, avec en figure de proue le personnage emblématique du Médecin Général Valérie André.

Sauf qu’en 1998, prise d’un élan d’égalitarisme, (ou forcée par les recours administratifs qui avaient été déposés), l’Armée a décidé de supprimer les quotas du concours d’entrée. Jusque là, la proportion des effectifs féminins était régulée par ces quotas, un nombre de places étant imparti à l’avance pour les filles. Les jeunes filles sont chaque année très nombreuses à postuler. Il n’y a plus de quotas, elles sont décidées et travailleuses, elles sont donc, par voie de déduction, très nombreuses aussi à intégrer. Trop nombreuses ?


 

Elles ont dix-huit ans au début de leurs études, l’âge des grands idéaux. Elles en ont presque vingt-huit en fin de cursus, l’âge de la maternité. C’est à ce moment-là, pourtant, qu’il leur faut partir en « Opex », en mission en Afghanistan par exemple. Mais quelle mère aurait le coeur de laisser un nourrisson à des milliers de kilomètres durant plusieurs mois ? Du temps des quotas, « on s’arrangeait », les hommes partaient, -certes plus souvent qu’à leur tour et en grommelant quelquefois-, les jeunes femmes célibataires complétaient les postes, et bon an mal an, cela fonctionnait. Sauf que le compte n’y est plus. Les hommes ne sont plus si nombreux et avec l’Afghanistan, les Opex se succèdent très vite et épuisent les effectifs. Plus d’autre solution que de faire partir les mères de jeunes enfants…

« Il y a dix ans, quand je suis rentrée dans l’école, je n’imaginais pas ce que pouvait être la maternité. Et il n’était pas alors question d’Afghanistan. Comment vais-je pouvoir confier mon bébé plusieurs mois, quand je trouve déjà longue une simple semaine de manœuvres loin de lui ! » confiait ainsi en aparté l’une d’entre elles, récemment affectée dans un régiment de l’Est de la France. Déjà en 2001, dans une publication du Centre d’études en sciences sociales de la défense, sur le thème des « Enjeux de la féminisation du corps des médecins des armées », les témoignages recueillis étaient édifiants. Une jeune femme, avouant qu’elle ne pourrait jamais quant à elle laisser ses petits derrière elle pour une OPEX, concluait : « Ce sont les limites de la féminisation des Armées ». Une autre confiait avoir décidé d’avorter pour suivre son unité…

Et c’était avant l’Afghanistan. Un vrai casse-tête pour les ressources humaines des Armées qui doivent en sus exclure de leur planification celles dont les conjoints, militaires eux-mêmes, sont déjà projetés, – l’endogamie, dans les écoles militaires, est fréquente-, et celles qui sont célibataires géographiques et chargées d’enfants."

15% du personnel militaire est féminin, mais bizarrement 100% des morts en Afghanistan sont des hommes... les maladroits !

Michel Janva via le salon belge

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