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lundi, 08 août 2011

La France livrée au capitalisme apatride et au tout béton

 

Les agriculteurs du triangle de Gonesse ont profité hier de la visite du préfet d’Ile-de-France pour lui faire part de leur crainte face aux projets d’urbanisation du site.


GONESSE, HIER APRÈS-MIDI.Daniel Canepa (au centre), préfet de la région Ile-de-France, Jean-Louis Griset (à gauche), agriculteur de Gonesse, et Hervé Billet (à droite), président de la chambre régionale d’agriculture, ont débattu sur l’utilisation des terres agricoles.

Zoom

 


 

«L’Ile-de-France doit rester une région agricole! » Jean-Marie Fossier, vice-président de la chambre d’agriculture d’Ile-de-France, l’a clamé haut et fort, hier après-midi, lors de la visite de Daniel Canepa, préfet de la région Ile-de-France, dans deux exploitations agricoles de Gonesse et du Thillay. Agriculteurs et pépiniéristes travaillent au sein du triangle de Gonesse, dans ces zones périurbaines où se mélangent la ville et l’espace rural.

 

 

Ici, travailler la terre est un combat quotidien. « Les problèmes d’accessibilité aux exploitations pour les fournisseurs, les dégradations et les déchets laissés à l’abandon sur nos terres » font que les « conditions de travail sont usantes psychologiquement », confie Jean-Louis Griset, agriculteur de Gonesse. Et cette année, la sécheresse n’a pas aidé cet exploitant. Elle a déjà entraîné une diminution de 15% de son chiffre d’affaires, selon lui.

En outre, l’utilisation de l’espace au triangle de Gonesse pose problème. De nombreux projets de constructions doivent s’implanter dans cette zone, comme le vaste complexe commercial et de loisirs Europa City et la gare du supermétro du Grand Paris. Cela laisserait seulement 400 ha de terres viables, soit la moitié de la superficie actuelle (lire encadré). Résultat, les agriculteurs se sentent marginalisés. « Ce sont nos terres dont on parle, et on nous met quasiment dehors sans aucune contrepartie financière », déplore Jean-Marie Chatelain, pépiniériste au Thillay. Même son de cloche chez Jean-Louis Griset. « Il ne faut plus que l’on soit mis au pied du mur lors de l’élaboration de ce genre de projets », insiste-t-il. Pour Daniel Canepa, ces projets urbains « sont complémentaires » avec le respect des terres agricoles. « L’espace se fait rare, il faut bien l’utiliser, l’économiser. Les villes doivent rester compactes », explique-t-il.

Pour ne pas délaisser les agriculteurs, plusieurs pistes de réflexion sont à l’étude : les contrats de développement territorial, le programme de recherche agronomique pour le développement (Prad), qui tend vers une agriculture plus adaptée aux besoins des professionnels et à la préservation de l’environnement. Mais Jean-Marie Chatelain estime que la solution doit être plus concrète : « Il faudrait que l’on crée des points de vente spécialisés dans les produits du terroir, et être en relation directe avec les porteurs de projets urbains », plaide-t-il.

Finalement, quel est l’avenir pour les jeunes agriculteurs? Jean-Marie Fossier est lucide : « Aujourd’hui, il faut être courageux pour se lancer dans l’agriculture dans notre région, car à la disparition des terres vient s’ajouter le manque de visibilité sur l’avenir de la profession dans les trente prochaines années », confie l’agriculteur.

Le Parisien

 

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